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Micro aventures

Parc du Morvan : 4j de microaventure à vélo, au départ de Paris

Le 14 juillet nous permettait cette année un beau week-end prolongé de 4 jours. Ni une ni deux, nous décidons avec mon amie Hélène de mettre nos vélos dans le train depuis Paris et de partir avec nos vélos pour 4 jours de microaventure à vélo dans le Parc Naturel Régional du Morvan, en Bourgogne.

Nous avons donc fait une boucle au départ d’Avallon, à la découverte des superbes paysages et villages du Morvan. Le relief vallonné n’est pas de tout repos mais permet d’avoir de superbes vues sur les champs et les lacs. Nous n’avons jamais regretté les efforts nécessaires pour arriver en haut des collines. Au final, une superbe découverte que ce parc naturel, tout à fait propice au voyage à vélo et à la découverte du terroir français. Le Parc du Morvan serait-il le meilleur endroit pour une microaventure à vélo ?

Je présente par la suite le détail des 4 jours. Vous trouverez en fin d’article les informations pour rejoindre l’itinéraire en train depuis Paris. Pour le parcours, je me suis inspirée des boucles proposées par le parc que vous pouvez trouver ici. Nous avons fait au total 230 km. Laissez-moi un commentaire pour obtenir les traces gps.

Ces journées à vélo peuvent être un peu rudes pour des personnes n’ayant pas l’habitude de faire du vélo. A moins de les faire en vélo à assistance électrique. Nul besoin d’être sportif pour autant. Faire quelques kms tous les jours pour ses déplacements quotidiens suffit pour être suffisamment en forme pour faire cette microaventure à vélo.

Jour 0 : arrivée à Avallon

Nous sommes parties dès le vendredi soir, après notre journée de travail, en train depuis Paris, direction Avallon. (Information sur les trains en fin d’article.) Nos vélos sont bien chargés puisque nous portons tout le nécessaire pour dormir au camping (tente, duvet, etc.). Ce qui représente tout de même 15kg de bagages en ce qui me concerne.

Arrivées à Avallon, direction le camping à la ferme, où nous plantons nos tentes dans le noir avant une bonne nuit de sommeil.

Jour 1 : Avallon -> Saulieu

C’est l’avantage ou l’inconvénient du camping à la ferme, nous sommes réveillées au doux bruit des bêlements des biquettes. Le propriétaire fort sympathique nous accueille d’un bonjour. Vraiment un bon endroit où planter sa tente.

Une fois remballées toutes nos affaires, retour au centre d’Avallon pour un bon petit déjeuner. Et surtout pour faire le marché et le plein de provisions avant le début réel du vélo et de notre microaventure à la découverte du Parc du Morvan. Un anglais récemment installé à Avallon, intrigué par nos vélos, vient nous questionner sur notre parcours. Il a un vélo bien plus équipé que les nôtres et a fait Le Havre – Avallon à vélo pour venir s’y installer. Probablement qu’il pédale beaucoup plus vite que nous 🙂 Mais il n’est pas nécessaire d’être le plus rapide pour profiter des beaux paysages de la campagne. C’est donc lentement et avec des objectifs à notre mesure que nous nous mettons en route.

Le tracé de la journée nous fait zigzaguer entre les petits villages du nord du Morvan entourés de champs et c’est à la mi-journée que nous entrons dans les portions plus forestières. Ce qui nous permet de pédaler à l’ombre au milieu des arbres, en profitant du doux bruit des oiseaux.

Un seul passage un peu délicat à noter est la portion sur la route départementale en amont de Cussy-les-Forges où il y a un peu trop de trafic. En particulier les nombreuses motos qui sillonnent la région à grand renfort de bruit et de vroumvroum.


La mission réchaud

Sur cette portion, nous avisons une station service car nous devons remplir le bidon d’Hélène avec du carburant pour pouvoir alimenter le réchaud. Sans ça, pas de plat chaud le soir au camping. Gros échec, la dame de la station service a refusé de nous vendre une si petite quantité d’essence. Mais c’est un échec de courte durée car au village suivant, une gentille famille accepte de nous donner une partie de leur essence qu’ils ont dans un bidon. (Pourquoi ont-ils chez eux de l’essence dans un bidon ? Je ne sais pas).

La suite de la mission eut lieu le soir même. Quand Hélène, armée de son mode d’emploi, entrepris d’apprendre utiliser son réchaud. (Rigolez pas, ça n’est pas si évident.) La première fois fut la bonne, nous mangeâmes chaud ce soir-là.

Mais d’abord, la suite des aventures de la journée.


Le parcours se poursuit, alternant montées et descentes dans des paysages de meules de foin, vaches ou forêts. Nous arrivons enfin à notre premier lac du parcours (mais pas le dernier), le lac de Saint-Agnan.

Quelques kms plus loin, nous voilà arrivées au camping de Saulieu, terminus de l’étape du jour. Avec un total de 62km et 1110m de dénivelé positif (D+).

En plus d’un super accueil, le camping propose un tarif préférentiel pour les cyclovoyageurs. Il a même une piscine, particulièrement bienvenue pour délasser nos jambes après ces quelques coups de pédale.

Jour 2 : Saulieu -> Anost

Une fois levées et petit déjeuner pris, nous sommes repartis sur la route. La journée démarre par quasiment 20km de descente à travers champs et forêts. Dans cette portion du parc, les champs sont principalement dédiés aux vaches. Soit des champs où elles paissent paisiblement, soit des champs remplis de meules de foin qui leur serviront de nourriture durant l’hiver. Les portions de forêts sont elles exploitées pour leur bois. On trouve souvent des troncs coupés sur le bord de la route, en attente de leur transport vers la scierie. Les bords de route sont rythmés de panneaux indiquant la possibilité d’acheter du bois de chauffage directement chez l’habitant.

Une fois finie la descente, arrive invariablement la montée jusqu’à Moux-en-Morvan. Où nous nous arrêtons à la charcuterie / fromagerie pour refaire notre stock car le vélo, ça creuse. Notre parcours se poursuit ensuite jusqu’au lac des Settons, qui mérite bien l’effort pour y parvenir. Le lac des Settons est un lac artificiel créé grâce à un barrage construit en 1858. Il fût créé pour permettre l’acheminement (par flottage !) du bois vers Paris. A l’époque, le Morvan fournissait tout le bois de chauffage des hivers parisiens.

C’est le lieu tout désigné pour le pique-nique, où nous nous posons face au lac et au barrage. Bien repues, nous reprenons la route et parcourons ce qui sera probablement la plus belle portion de route du voyage : la descente entre Gien-sur-Cure et Cussy-en-Morvan. De superbes vues sur les champs de vaches et les forêts, des virages et tout ça, sans donner un seul coup de pédale 🙂

Nous arrivons enfin au camping d’Anost. Ce camping est parfait pour les cyclistes fatiguées car il est à côté d’un petit étang aménagé pour la baignade. Nous nous y plongeons avec bonheur.

Au final, 63km et 770m de D+.

Jour 3 : Anost -> Lormes

La journée démarre bien avec quasiment 10km de montée pour bien nous mettre en jambe. Un peu rude de bon matin. Nous devons aussi faire chauffer les mollets pour rejoindre Château-Chinon, charmant village planté en haut de sa colline, où nous refaisons le plein de courses.

Une fois passée cette petite épreuve physique, nous n’avons qu’à nous laisser descendre jusqu’au lac de Pannecière où nous trouvons le spot de pique-nique parfait. Seules, au bord du lac, avec de l’ombre. Hélène en a même profité pour se baigner !

Après le repas, le plouf et la sieste, nous reprenons la route en passant par le barrage. Après le barrage, nous nous reposons sur une petite descente. Avant une montée à 13% sur 500m jusqu’au lieu-dit bien nommé Enfert que je n’ai pas réussi à monter à vélo 🙂

Nous poursuivons la journée par des montées qui ne semblent ne jamais finir jusqu’au camping de Lormes. Au final, c’est une journée courte en km mais la plus dure en dénivelé : 56 km et 1170 de D+.

Le camping est à côté d’un étang et encore une fois, nous finissons la journée par une baignade.

Pour se remettre encore plus de nos efforts, nous allons au village profiter d’une petite bière. Et repartons avec une demi-bouteille de vin nature pour accompagner notre repas composé entre autre de jambon persillé, spécialité bourguignonne.

Jour 4 : Lormes -> Avallon

C’est avec un petit pincement au cœur que j’enfourche mon vélo le matin du dernier jour de notre microaventure dans le Parc du Morvan. On quitte la forêt et retrouvons des cultures plus diversifiées : maïs, blé et vignes rejoignent vaches et meules de foin dans le paysage. C’est surtout une journée sous le signe des petits villages, chacun avec son église et son clocher qu’on aperçoit de loin.

Nous visitons Bazoches et son château dans lequel résida Vauban, Saint-Père et ses vignes. Puis faisons l’une des deux seules montées de la journée : la montée vers Vézelay. Vézelay est l’un des points de départ du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Et est surtout connue pour sa basilique et sa colline (que l’on a bien sentie à vélo) qui sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Après la visite de la ville et de la basilique, nous nous arrêtons chez un caviste pour acheter des vins très locaux. Car la colline de Vézelay n’est pas seulement un lieu de pèlerinage, elle est aussi recouverte de vignes.

Lestées de nos bouteilles, nous redescendons la colline et rejoignons la vallée de la rivière Cousin, que nous suivons jusqu’à Avallon. A Avallon, nous attend la dernière montée du voyage jusqu’à la gare? C’est là que nous reprenons le train pour Paris, un peu fatiguées mais avec des images de paysages sublimes plein la tête.

Une journée relativement courte pour pouvoir prendre le train du retour : 52 km et 550m de D+.

Le Morvan : le top de la microaventure à vélo

Malgré la topographie qui semblerait le disqualifier comme destination à vélo pour des non sportifs comme nous, le Parc du Morvan est en fait très approprié à la microaventure à vélo.

Déjà, on voit une grande variété de paysage et les vues ne sont jamais monotones. Ensuite, les pentes sont relativement douces ce qui permet de monter lentement (mais sûrement) avec son vélo sans devoir faire des efforts surhumains. Et avec la montée vient ses deux avantages : la descente d’abord. Et surtout les points de vue que l’on a lorsqu’on est en haut des collines, qui compensent largement les efforts faits pour y arriver.

Enfin, les paysages du Morvan sont particulièrement adaptés à la pratique du vélo car les champs sont encore entourés de leurs haies. C’est une différence avec beaucoup d’autres régions de France, où l’on a petit à petit supprimé les haies qui délimitaient les champs. Ces haies permettent de couper le vent, ce qui est très intéressant pour les cyclistes. Dans le Morvan, ces haies sont un élément important du patrimoine culturel et du savoir-faire. Elles s’appellent des pléchies et sont constituées d’arbustes qui sont tressés ensemble pour former les haies, qui deviennent infranchissables.

Au final, une très belle découverte que cette région. Nous avons très envie de revenir en microaventure à vélo pour découvrir plus de ce magnifique Parc Naturel Régional du Morvan. Qui est décidément très propice au voyage à vélo.

Pour visualiser mon trajet approximatif sur Polarsteps :

Rejoindre et quitter le Morvan en train depuis Paris

Il y a des trains direct entre Paris Bercy et Avallon, dans lesquels on peut mettre son vélo non démonté (bien que le site oui.sncf ne le précise pas). Il est aussi possible de faire un changement à Laroche Migennes.

A l’aller, nous avons pris le train le vendredi soir de 19h27 de Paris Bercy qui arrivait à 22h13 à Avallon, après un changement à Laroche Migennes. Il est possible de prendre un train direct qui part à 16h27.

Au retour, nous avons pris le train direct au départ de 16h46 à Avallon. Il est possible de partir plus tard avec un changement à Laroche Migennes. C’était le retour du week-end du 14 juillet et nous étions une vingtaine sur le quai de la gare à prendre le train avec nos vélos. Attention donc aux week-ends de grande affluence si vous prévoyez d’être nombreux.

Pour rappel, vous pouvez retrouver ici mon article pour trouver votre trajet en train avec votre vélo non démonté.