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Comment trouver son trajet en train + vélo (non démonté)

vélos dans le train

Le train est le meilleur allié du vélo pour aller visiter la France ou l’Europe à bicyclette. C’est rapide, fiable et écolo. Mais la tâche n’est pas simple quand il s’agit de trouver son trajet en train permettant d’y embarquer son vélo non démonté.

Car pour les vélos pliants, pas de problème. En démontant son vélo et en le mettant dans une housse, c’est possible aussi (attention, les dimensions admises varient selon les trains, à vérifier).

En revanche, pour prendre le train avec son vélo entier et non démonté (en plus de toutes ses sacoches), c’est une autre histoire. Après plusieurs années à organiser des trajets avec vélos non démontés avec mes amis, j’ai une certaine expérience de ces difficultés et surtout de comment les surmonter. Je vous explique tout dans la suite de l’article pour :

A noter qu’il est également possible de mettre son vélo dans certains bus (Flixbus en particulier). Ce point n’est pas abordé ici mais il peut constituer une bonne solution.

Les différents types de train

Pour mettre son vélo dans le train, il y a trois types de cas :

  • pas de places vélos : là, c’est mort, il faudra démonter le vélo pour utiliser ce train. Mais on verra qu’on peut trouver des alternatives.
  • places vélos soumises à réservation (en général 10€)
  • places vélos sans réservation

Déjà sachez que la plupart des TGVs n’acceptent pas les vélos. C’est en particulier le cas de tous les TGVs à deux étages. Pour ceux qui les acceptent, il faut réserver sa place. Le nombre de places dépend des lignes. En général, c’est 4 par train.

Pour les intercités, c’est variable. Les 3 cas existent.

Il existe également des Intercités 100% éco qui ne s’achètent que sur internet (et qui n’apparaissent pratiquement jamais dans le moteur de recherche de la SNCF) et où il est possible de mettre son vélo gratuitement sans réservation. Pour les trouver, c’est par ici.

La plupart des TERs acceptent les vélos (mais pas tous). Ce sont donc en général les TERs qu’on privilégiera. La réservation des places n’est pas possible. Les trains ont des capacités vélos variables et les vélos sont acceptés dans la limite des places disponibles. Donc s’il y a beaucoup de cyclistes, il faut négocier avec le ou le contrôleuse le droit de monter son vélo à bord. Cela peut être un problème si on est nombreux ou s’il s’agit d’un jour de grand départ vers des destinations appréciées des cyclistes (rejoindre la Loire à vélo lors d’un week-end prolongé de mai par exemple).

Pour les trains de nuit, c’est variable aussi, ça dépend des lignes. S’ils acceptent les vélos, c’est en général avec réservation.

Pour les franciliens, on peut mettre son vélo gratuitement dans les transiliens et RERs en dehors des heures de pointe. C’est interdit durant l’heure de pointe (sauf vélo pliant).


Sachant cela, on pourrait se dire qu’il suffit de chercher sur le site général de la SNCF (oui.sncf) pour savoir si son trajet est accessible avec son vélo non démonté. C’est malheureusement une solution à oublier car :

  • Le site est conçu pour ne pas afficher les solutions de trajets en TER au profit des seuls TGVs. Or pour se déplacer avec un vélo non démonté, il est souvent impossible de le faire dans un TGV et il faut donc utiliser les TERs ou Intercités.
  • Le site n’a pas toujours les bonnes informations sur les trains régionaux. Et affiche donc des trains non accessibles aux vélos alors qu’ils le sont en réalité.

Retenez globalement que la SNCF ne souhaite pas que vous trouviez les trajets en train lents (et moins chers) qui sont les plus propices au déplacement avec un vélo.

Comme vous le voyez, c’est donc un joyeux bordel. Mais il y a tout de même des solutions, notamment en passant par … tadaa : le site de la DeutscheBahn.

Je vous explique tout dans le détail et pas à pas dans la suite. C’est parti !

Trouver son trajet en train avec son vélo non démonté

Il faut donc réussir à identifier quelles lignes de train vont nous permettre d’aller de notre point A à B avec notre vélo non démonté.

Pour cela, on va procéder en 3 étapes.

Etape 1

Les résultats sont médiocres mais ça vaut le coup de commencer par chercher sur le site oui.SNCF.

S’il y a par chance un train direct avec places de vélos, le site va nous le proposer.

Pour rechercher son trajet avec vélo, il faut dérouler les options en cliquant sur la petite flèche en bas à droite.

Dans les options qui apparaissent, il faut cliquer sur “+ un vélo”.

Puis cocher “1 vélo non démonté”.

Exemple de résultat avec une recherche pour un trajet Paris – Toulouse :

Le site nous propose d’acheter un billet en réservant sa place vélo. Plus qu’à acheter son billet et c’est parti.

N’hésitez pas à regarder aussi si votre trajet est faisable en intercités 100% éco en cherchant ici.

En revanche, si le site ne propose aucun trajet, ne paniquez pas ! Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de trajets possibles mais qu’il va falloir chercher un peu plus. Et pour cela, on passe à l’étape 2.

Etape 2

C’est LA solution miracle que j’utilise très régulièrement : aller sur le site de la DeutscheBahn.

Et oui, il est parfaitement renseigné, y compris pour les dates lointaines. Et il est même en français !

Il fonctionne pour chercher un trajet dans toute l’Europe et donc même pour un trajet intégralement en France. Il est capable de trouver un trajet utilisant 5, 6, 8 trains tous accessibles aux vélos. Si vous voulez faire Lyon – Copenhague avec votre vélo non démonté, il va vous trouver des trajets.

Une petite recherche sur ce site va donc nous permettre de savoir très rapidement quels trains nous devons prendre.

Attention, il ne connait pas les intercités 100% éco. Il faut donc bien aller vérifier préalablement s’ils peuvent être une solution.


Explication de la recherche :

Pour trouver votre trajet, allez sur le moteur de recherche de la DeutscheBahn.

En haut à droite, sélectionnez Français si comme moi, vous n’êtes pas à l’aise avec la langue de Goethe.

Ensuite renseignez votre recherche. Et n’oubliez pas d’aller tout en bas cocher “accompagnement vélo” avant de lancer la recherche.

Exemple pour un résultat de recherche pour un trajet Paris – Lyon :

Le moteur de recherche nous a trouvé 2 trajets utilisant uniquement des TERs où il sera possible de mettre son vélo non démonté.

Etape 3

Si par énorme malchance la DeutscheBahn n’a rien donné ou juste pour vérifier les informations qu’elle a fournies, il faut se rendre sur le site SNCF régional de la destination souhaitée. Sur ces sites, il est possible de rechercher des trajets en choisissant son type de train. On pourra donc décocher les TGVs. Pas d’inquiétudes, j’illustre ça avec un exemple juste en dessous.

Surtout, on trouve sur ces sites les informations les plus précieuses : le plan du réseau qui nous permet de visualiser les lignes qu’on souhaite prendre et les fiches horaires des différentes lignes qui affichent les trains acceptant les vélos.

Armé de la fiche horaire de sa ligne ou des différentes fiches quand il y a plusieurs trains à prendre, on peut donc constituer son trajet.


Imaginons par exemple que je souhaite faire Lyon – Corbigny en Bourgogne avec mon vélo.

Je vais donc sur le site des TERs de Bourgogne Franche-Comté.

Et là, attention, ne cherchez pas votre trajet sur la page d’accueil car vous ne pouvez pas décocher les TGVs. (Rappelez-vous, la SNCF ne veut vraiment pas que vous trouviez les trajets lents.) Il faut cliquer sur le menu à gauche “Horaires & Trafic” -> “Recherche un horaire”. Et là, miracle, le choix du mode apparait en bas du formulaire de recherche. Vous pouvez décocher “train à grande vitesse”.

Dans le cas de ma recherche Lyon -> Corbigny, voici le résultat :

Encore faut-il vérifier que les TERs proposés vont bien accepter les vélos. C’est là qu’il faut utiliser l’outil magique de la SNCF, les fiches horaires des différentes lignes.

Tout d’abord, vous pouvez visualiser les lignes que vous allez prendre en affichant la carte du réseau. Qui se trouve (attention, c’est super intuitif) dans le menu “Services & Gares” -> “Carte du réseau”.

Ensuite, pour chercher la fiche horaire, il faut se rendre dans “Horaires & Trafic” -> “Fiches horaires”.

Une fois la fiche horaire trouvée et téléchargée, il faut chercher l’information relative aux vélos. Deux cas de figures.

Tous les trains de la ligne acceptent les vélos. Dans ce cas il y a généralement une mention en bas ou à la dernière page indiquant “tous les trains acceptent les vélos.”

Deuxième cas de figure, le plus courant, certains trains n’acceptent pas les vélos non démontés. Dans ce cas, un petit v est indiqué en haut ou en bas de l’horaire du train. Exemple pour la ligne Auxerre – Dijon :

Je sais donc que je peux prendre le train qui part de Laroche-Migennes à 14h59 pour aller à Dijon avec mon vélo.

Et voilà, vous savez maintenant quels trains vous souhaitez prendre. Il n’y a plus qu’à acheter ses billets. Et là aussi, ce n’est pas forcément évident.

Acheter son billet de train + vélo entier

Place vélo avec réservation

Pour les trajets où la place vélo est payante (10€), en général les TGVs ou les Intercités, il est nécessaire d’acheter la place vélo en même temps qu’on achète son billet de train. Impossible de l’ajouter après. Seule la deuxième classe est possible.

Deux solutions : le site de la SNCF ou celui du concurrent Trainline.


Sur le site oui.sncf, il faut cocher l’option “avec vélo démonté” avant le lancement de la recherche pour pouvoir acheter sa place. Voir mon explication ci-dessus à l’étape 1 pour trouver cette option.

Deux choses à savoir :

  • l’application pour smartphone ou tablette oui.sncf ne permet pas de cocher cette case. Il est donc impossible d’acheter une place vélo par ce biais. (La SNCF ne veut vraiment pas que vous preniez votre vélo.) Pour le faire depuis un smartphone ou une tablette, il faut impérativement passer par le site internet via le navigateur (Chrome, Safari, etc.)
  • lorsque vous affichez votre billet dans l’application, il n’est pas toujours noté que vous avez réservé une place vélo. Ça serait trop pratique. Il faut donc se référer au mail de confirmation si besoin. (Vraiment, la SNCF ne veut pas vous simplifier la vie avec votre vélo.)

Sur le  site de Trainline, vous faites votre recherche normalement. Lorsque vous sélectionnez votre trajet, il faut cocher la case “place vélo” en bas à droite.

Il est possible aussi de le faire avec l’application Trainline sur smartphone. Lorsque vous avez sélectionné votre billet, allez dans “Placement et options” , là, vous pouvez cocher “Place vélo”.

Place vélo sans réservation

Là, pas besoin de vous embêter. Vous achetez juste le billet de train normalement, sans vous souciez du vélo.

A savoir : lorsque le TER accueille les vélos, le site oui.sncf affiche en général un petit logo “espace vélo gratuit”.

Si ce logo est absent, ça ne veut pas dire que le train n’est pas accessible avec son vélo non démonté. Rappelez-vous, le site général oui.sncf n’a pas forcément toutes les bonnes informations des sites régionaux. Ce sont les sites régionaux qui sont la source fiable d’information (donc les fiches horaires que vous avez trouvé sur le site régional).

Monter dans le train avec votre vélo non démonté

Une fois son trajet trouvé et son billet acheté, reste le jour J l’étape ultime du trajet : monter dans le train avec son vélo entier !

Pour les places réservées, pas de souci, vous allez juste à votre numéro de voiture et votre place vélo sera dedans.

 

Pour les places vélos sans réservation, sachez que toutes les voitures n’accueillent pas les vélos. Il faut donc repérer les rames avec un logo vélo sur la porte. Ces logos sont plus ou moins gros selon les cas. Ça oscille entre logo géant et mini autocollant à moitié effacé.

Si vous êtes au départ du train, pas de souci. Le train vous attendra bien sagement sur le quai, ce qui vous laissera tout le temps de trouver la ou les voitures accessibles aux vélos et de monter votre monture à bord.

En revanche, si vous n’êtes pas à un terminus et que votre train s’arrête peu de temps, ça n’est pas toujours évident. Vous pouvez demander au contrôleur ou à la contrôleuse si il ou elle sait où se trouvera la rame avec vélos. Sinon, il faudra user de votre oeil de lynx pour repérer la voiture à l’arrivée du train puis traverser tout le quai avec votre vélo et son chargement (la bonne voiture étant invariablement du côté opposé de celui où vous aurez choisi de vous mettre sinon c’est trop facile).

Tips : détachez un peu mais pas complètement vos sacoches du vélo. Ça sera plus pratique de remonter tout le quai pour atteindre la bonne voiture avec les sacoches sur le vélo puis de les démonter devant la porte.

Et pour la descente ?

Idem, si vous êtes au terminus, pas de souci.

En revanche, si vous êtes à un arrêt court (2 min parfois), il vaut mieux prévenir en amont le contrôleur ou la contrôleuse pour qu’il ou elle vérifie bien que vous êtes descendus du train avec votre vélo avant de refermer les portes.

Plus de ressources pour trouver votre trajet train + vélo non démonté

  • France vélo tourisme (l’association qui veut développer le tourisme à vélo en France) a réalisé une carte partagée google indiquant les lignes où il est possible de mettre son vélo dans le train. Pour la consulter, c’est par ici.

Attention, si vous souhaitez faire l’un des trajets, vérifiez bien qu’il est toujours possible. La SNCF a la fâcheuse tendance de supprimer certaines lignes ou échanger ses matériels roulants (les rames aménagées ou non pour mettre des vélos) sans prévenir.

  • Il existe un train qui est le paradis de toute personne souhaitant voyager avec son vélo non démonté : il s’agit du train Jumbo Vélo ! C’est un train adapté pouvant accueillir jusqu’à 83 vélos et qui dessert la Loire à Vélo, le plus fréquenté des itinéraires cyclotouristiques de France. Pour utiliser ce beau bébé, il faut prendre la ligne Interloire (Orléans – Tours – Nantes – Le Croisic) de début juin à fin septembre. Pour plus d’informations et découvrir cette merveille en vidéo, c’est par ici.

À votre tour !

Et voilà, j’espère que vous serez moins perdus lors de votre prochaine recherche de trajet en train avec un vélo non démonté. Le train est le meilleur ami du vélo pour aller découvrir nos superbes régions et il y a toujours une solution. Donc n’hésitez plus et partez à l’aventure !

N’hésitez pas à me faire part de vos retours, réussites ou difficultés en commentaires.

Micro aventures

Pédaler pour voir la mer à Dieppe

WE À DIEPPE6

Une nouvelle micro aventure à vélo

En novembre dernier, mon amie Hélène nous a organisé un petit weekend à vélo. Hélène vient de s’acheter un nouveau vélo pour partir en voyage l’été prochain (avec moi, voir ici) qu’elle doit tester. De plus, son ami Michele vient d’acheter une maison en Normandie. Michele est italien et vous aurez donc droit en bonus en fin d’article à sa recette de fusilli maison !

Découvrir la maison de Michele à côté de Dieppe, c’est une super excuse pour essayer son vélo et en profiter pour aller voir la mer. Et quoi de mieux pour changer de la grisaille parisienne de ce mois de novembre ?

Si vous ne souhaitez pas lire toute la suite, vous pouvez juste regarder la vidéo en fin d’article.

Le trajet

Nous sommes donc partis, avec un départ par le train de 6h09 à la Gare Saint-Lazare (ouch). Nous sommes 5. Objectif Serqueux pour récupérer le tracé de l’Avenue Verte Paris-Londres qui nous amènera jusqu’à Dieppe.

L’Avenue Verte Paris-Londres est un itinéraire de 470 km qui permet de relier à vélo les deux capitales. L’ensemble du tracé est balisé et il n’y a qu’à suivre les petits panneaux. Très pratique. Il est principalement sur des routes à faible trafic ou carrément des voies réservées aux vélos et aux piétons. Comme une ancienne voie de chemin de fer que nous avons empruntée quelques dizaines de km, avec ancienne gare transformée en halte gourmande pour voyageurs affamés (malheureusement fermée en novembre.)

Pour en savoir plus sur l’itinéraire, rendez-vous sur leur site.

Arrivés à Serqueux, nous nous arrêtons évidemment au café en face de la gare prendre de grandes quantités de café avant de pédaler.

Une fois bien réveillés, c’est parti pour les 50 km qui nous séparent de Dieppe. Le parcours est très facile, globalement en descente et au milieu de superbes paysages. Nous croisons quelques vaches, qui a défaut de voir passer des trains, voient maintenant passer des cyclistes. Les km avancent plus vite que prévu, excellente excuse pour s’autoriser une longuuuue pause déjeuner dans un super restaurant pas très loin du tracé. Voir le beau terroir français donne toujours envie de l’accompagner de la belle gastronomie française 😉

Finalement, nous arrivons jusqu’à Dieppe et voyons enfin la mer !

Après cela, il faut encore faire quelques montées pour rejoindre la maison de Michele où nous passerons la nuit mais surtout, ferons des pâtes maison !

Et oui, qui dit maison d’italien, dit pâtes maison pour le repas des cyclistes fatigués !

Et c’est parti pour le cours de fabrication (recette en bas d’article) et surtout la dégustation.

En résumé

Tout cela est à découvrir dans cette vidéo :

Au final, c’est un parcours très simple, beau et à la portée de tous. Il est parfaitement accessible en train depuis Paris, avec des trains prévus pour accueillir les vélos. Donc n’hésitez pas !

Bonus : recette de fusilli maison

  • Farine 00 + eau tiède
  • Créer un puits avec la farine,
  • Verser l’eau au centre
  • Malaxer la pâte
  • Rajouter de l’eau au fur et au mesure,  Pétrir,  Arrêter d’arroser quand ça colle et que la farine est bien mélangée,  Pétrir jusqu’à ce que la pâte ne colle plus
  • Recouvrir la boule de pâte par une casserole pour ne pas qu’elle sèche
  • Faire une ficelle de pâte d’environ 1cm d’épaisseur,  La couper en tronçon de qq centimètres,  Avec une baguette métallique rouler la pâte autour à 2 mains sans trop appuyer et en étirant la pâte de part et d’autre de la baguette avec les pouces
  • Placer les fusillis sur un torchon
  • Les cuire dans l’eau bouillante,  quand elles remontent à la surface elles sont cuites !